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Les mobiles des conflits .

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1 Les mobiles des conflits . le Dim 17 Mai - 16:44

Bonjour,

Pourrez vous m'éclairer sur les mobiles des conflits ? J'ai l'impression que certains d'entre eux m'échappent.

L'histoire atteste de multiples causes apparentes de conflit à travers les âges. Parmi ces dernières nous pouvons à titre d'exemples citer l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand. Intéressant à plus d'un titre, en ce qu'il semble être événement singulier, presque anonyme dans la somme des actions humaines qui à chacun instant font l'histoire. ( disproportion entre la cause et les conséquences. )Mais également en ce qu'il nous pousse nécessairement pour comprendre la situation à prendre en compte l'ensemble de la situation, à nous interroger par ailleurs , sur le statut de l'histoire et plus particulièrement si elle n'est que suites d'évènements à la combinaison toujours unique ou bien si au delà de l'apparente diversité ne se cachent pas, latentes des constances voir mêmes des lois ?

( Je ne sais si ma distinction n'est pas oiseuse voire erronée. Je vois dans le terme « constance », l'expression d'une non altération, qui peut même en jeu des ou Un événement, là ou la loi physique à attrait à une relation, c'est à dire l'union ici nécessairement entre au moins deux entités. Est ce judicieux ? La constance à quelques choses également de « passif », en ce qu'il est de l'ordre du constat à postériori. Là ou la loi est quelque choses que l'on édite , de l'ordre de fait, de l'actif . Un bémol tout de même du fait qu'il faille considérer les « lois » en question. Si ces dernières sont cosmiques. Celui qui peut être dit actif n'est pas l'homme mais uniquement la transcendance. Encore une fois est viable ? Pouvez vous m'aider à étoffer ? )

( - Voie de reflexion pour la seconde voie dans l'alternative posée )


_ mobiles du conflit : la raréfaction des biens qui entraîne ainsi la mise en concurrence des hommes entres eux. Cette dernières, traduit une logique disons « capitaliste » de l'homme, ce qui érige comme valeurs la « possession » tendant ainsi à faire sien ce que Dieu à donner à tous . Ce qui impliquerait que le « vol » ne sont plus une « faute ».

_ Traduction aussi de l'existence de deux tendances fondamentales : Je pensais à Kant mais là est il vraiment approprié puisse que le rapprochement n'est pas tant révélateur de « sociabilité » puis qu'il conduit au déchirement entre eux de groupes. Comment négocier ce passage ?

_ Désir d'expansion traduction de tendances telles que la curiosité et l'orgueil . Avec le vieux fantasme de la domination de la nature. Ce principe irritait de l'animalité. Tous conflits est il synonyme d'animalité ou d'échec de la raison?

- La raison dans l'histoire . (Hegel ) Auriez vous un texte que je pourrais commenter pour nourrir ce point, s'il vous plaît ?

- constante n'est pas nécessairement synonyme de compréhension possible et surtout à travers elle de maîtrise ( "la connaissance apporte la puissance" ) _ shopenhauer : caractère implacable , car inscrit dans la nature même de l'homme, ce qui constitue ces instincts et qui conditionnent la raison donc surlesquels cette dernière ne peut revenir. Impossibilité de tirer leçon de l'histoire.

Pouvez vous m'aider à étoffer, s'il vous plaît ?

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2 Re: Les mobiles des conflits . le Dim 24 Mai - 2:23

Prof


Admin
Bonjour,

Question très vaste que celle du conflit ! On peut la trouver dès la naissance de la pensée philosophique.
Chez Héraclite notamment. On peut citer : « Le combat est le père et le roi de tout. Les uns, il les produit comme des dieux, et les autres comme des hommes. Il rend les uns esclaves, les autres libres (DK22B53) » et « Il faut savoir que la guerre est partout, que la lutte est justice, et que tout est en devenir par la lutte, selon l'ordre normal des choses (DK22B80) ».

Le mobile du conflit peut être dit de multiple façon. Votre exemple de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand est intéressant. D’autant plus qu’il n’est qu’un mobile apparent. C’est tout l’apport de Fernand Braudel qui a fondé l’Ecole des annales et montré que l’histoire devait analyser les civilisations et les mouvements de longue durée en opposition à l'histoire événementielle. L’explication des faits historique par l’examen de personnalités singulières (comme le grand homme cher à Hegel) n’est qu’une application partielle.

Je suis d’accord avec vous, votre exemple nous invite à penser le statut de l'histoire. Le rôle de l’historien également. Je vous conseille l’excellent Histoire et raison chez Thucydide de J. de Romilly qui montre bien que certains événements historiques racontés par Hérodote comme étant liés au hasard sont interprétés de manière très rationnelle par Thucydide. Cela nous invite à nous demander qui fait l’histoire. Est-ce l’historien ? La question de lois historiques est également posée.

Vous proposez comme mobile des conflits la raréfaction des biens qui entraîne la mise en concurrence des hommes entres eux. Vous pouvez également parler du conflit extérieur comme arme politique intérieure. La cohésion de l’empire Romain reposait sur sa politique d’expansion et de guerre par exemple. Machiavel a examiné cela longuement dans Le Discours sur la première décade de Tite-Live

Sur l’idée que vous soulevez selon laquelle le « vol » ne serait plus une « faute » dans notre système économique, cette idée est discutable. Il faut à ce propos se méfier de ce qu’est le vol. Prendre un bien dont on a un besoin vital (ex : la nourriture) est-ce du vol ? Mal payer ses employés, est-ce du vol ? Ces questions sont posée par le pourtant peu permissif Catéchisme de l'Église Catholique :
« Le septième commandement interdit le vol, c’est-à-dire l’usurpation du bien d’autrui contre la volonté raisonnable du propriétaire. Il n’y a pas de vol si le consentement peut être présumé ou si le refus est contraire à la raison et à la destination universelle des biens. C’est le cas de la nécessité urgente et évidente où le seul moyen de subvenir à des besoins immédiats et essentiels (nourriture, abri, vêtement ...) est de disposer et d’user des biens d’autrui (cf. GS 69, § 1).
2409 Toute manière de prendre et de détenir injustement le bien d’autrui, même si elle ne contredit pas les dispositions de la loi civile, est contraire au septième commandement. Ainsi, retenir délibérément des biens prêtés ou des objets perdus ; frauder dans le commerce (cf. Dt 25, 13-16) ; payer d’injustes salaires (cf. Dt 24, 14-15 ; Jc 5, 4) ; hausser les prix en spéculant sur l’ignorance ou la détresse d’autrui (cf. Am 8, 4-6).
Sont encore moralement illicites : la spéculation par laquelle on agit pour faire varier artificiellement l’estimation des biens, en vue d’en tirer un avantage au détriment d’autrui ; la corruption par laquelle on détourne le jugement de ceux qui doivent prendre des décisions selon le droit ; l’appropriation et l’usage privés des biens sociaux d’une entreprise ; les travaux mal faits, la fraude fiscale, la contrefaçon des chèques et des factures, les dépenses excessives, le gaspillage. Infliger volontairement un dommage aux propriétés privées ou publiques est contraire à la loi morale et demande réparation. »


Sur la notion de conflit, je vous conseil le cours de Foucault au collège de France intitulé Il faut défendre la société dans lequel Foucault utilise le modèle de la guerre, du conflit, pour analyser les relations du pouvoir. Il analyse ainsi le pouvoir disciplinaire (techniques de surveillance et institutions punitives) et le « bio-pouvoir », qui s’exerce sur la population, la vie et les vivants.
Le conflit dans ce modèle est ce qui fond la société mais aussi qui continue d’exister de manière larvée au sein de la société.

Sur le rapport conflit/raison, on peut citer un texte d’Épictète Entretiens, II, XI qui met l’opinion à l’origine des conflits entre les hommes.
« Voici le point de départ de la philosophie : la conscience du conflit qui met aux prises les hommes entre eux, la recherche de l'origine de ce conflit, la condamnation de la simple opinion et la défiance à son égard, une sorte de critique de l'opinion pour déterminer si on a raison de la tenir, l'invention d'une norme, de même que nous avons inventé la balance pour la détermination du poids, ou le cordeau pour distinguer ce qui est droit et ce qui est tordu.
Est-ce là le point de départ de la philosophie : est juste tout ce qui paraît tel à chacun ? Et comment est-il possible que les opinions qui se contredisent soient justes ? Par conséquent, non pas toutes. Mais celles qui nous paraissent à nous justes ? Pourquoi à nous plutôt qu'aux Syriens, plutôt qu'aux Égyptiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel ? Pas plus les unes que les autres. Donc l'opinion de chacun n'est pas suffisante pour déterminer la vérité.
Nous ne nous contentons pas non plus quand il s'agit de poids ou de mesures de la simple apparence, mais nous avons inventé une norme pour ces différents cas. Et dans le cas présent, n'y a-t-il donc aucune norme supérieure à l'opinion ? Et comment est-il possible qu'il n'y ait aucun moyen de déterminer et de découvrir ce qu'il y a pour les hommes de plus nécessaire ? Il y a donc une norme. Alors, pourquoi ne pas la chercher et ne pas la trouver, et après l'avoir trouvée, pourquoi ne pas nous en servir par la suite rigoureusement, sans nous en écarter d'un pouce ? Car voilà, à mon avis, ce qui, une fois trouvé, délivrera de leur folie les gens qui se servent en tout d'une seule mesure, l'opinion, et nous permettra, désormais, partant de principes connus et clairement définis, de nous servir, pour juger des cas particuliers, d'un système de prénotions ».



Sur cette idée de raison vs conflit, on peut aussi montrer que la raison elle-même introduit de la discorde, du conflit. Dans l’hist de la philosophie, Hegel montre ce que l’avènement de Socrate à de destructeur pour les grecs antiques. Socrate n’a pas été condamné à mort par hasard.

Sur les réf à Hegel, je peux vous conseiller L’Esthétique T 3 (Aubier p.248 et suivantes) sur la notion de conflit tragique.

Pour ce qui est de l’histoire, Hegel considère que l’histoire procède d’un mouvement entre trois étapes : un conflit, un conflit avec le conflit (dépassement) puis une réconciliation aboutissant à une unité. Je peux vous conseiller La Philosophie de l’histoire 3,3 chap. 2 « le christianisme ».

Autre référence intéressante, c’est un texte de Nietzsche intitulé « La joute chez Homère » où il examine que Eris (la discorde) jouait un rôle central dans la civilisation grecque.

Je peux vous scanner des docs si nécessaire, de Hegel, de Nietzsche etc.

Voilà quelques pistes. N’hésitez pas à demander des précisions ou à discuter tel ou tel point.
Une dernière remarque. Pour mettre fin à un conflit, il existe 3 méthodes : Supprimer un des deux termes (l’autre triomphe), le résorber (on montre qu’il n’était qu’un moment) ou bien l’organiser (ex plébéiens et patriciens chez Machiavel décrivant l’empire romain).

Bon courage !

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3 Re: Les mobiles des conflits . le Lun 1 Juin - 18:50

Merci beaucoup ! Very Happy
Merci également de m'avaoir transmis le texte d'Hegel !

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